Algérie, OQTF... À quoi va servir le "conseil interministériel de contrôle de l'immigration" ce mercredi?
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Il n'y aura pas de conseil des ministres ce mercredi, mais un conseil interministériel du contrôle de l’immigration. Le Premier ministre François Bayrou réunit à 14 heures à Matignon des membres du gouvernement pour évoquer ce sujet. Un conseil prévu avant l'attentat de Mulhouse, mais qui prend une résonnance toute particulière après ce drame.
Le principal suspect, né en Algérie et en situation irrégulière en France, est sous le coup d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF), mais l'Algérie a refusé de le reprendre sur son territoire à dix reprises selon le gouvernement.
"Pour moi c'est parfaitement clair, c'est inacceptable", a déclaré le Premier ministre en marge d'une visite au Salon de l'agriculture. De quoi ouvrir à nouveau le débat en France du contrôle de l’immigration.
Autour du Premier ministre, entre autres: le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau, le ministre de la Justice Gérald Darmanin, la ministre de l'Éducation nationale Élisabeth Borne, le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, le ministre chargé de la Santé Yannick Neuder ou encore la ministre chargée du Travail Astrid Panoysian Bouvet.
Selon Matignon, cette réunion a plusieurs enjeux autour de la maîtrise des flux migratoires: comment mieux les contrôler, quel plan pour Mayotte ou la mer du Nord, comment rendre la politique d’éloignement plus efficace… "Il n’y aura pas de décision jupitérienne, ce n’est pas le style de la maison", nous indique-t-on à Matignon.
Beauvau évoque 250.000 visas délivrés en 2024 avec l’Algérie. Paris va-t-il durcir le ton? "Des choses doivent ressortir sur l’Algérie… Et aussi sur d’autres pays", insiste un haut-responsable du ministère des Affaires étrangères.
Les relations diplomatiques sont très tendues entre Alger et Paris. Courant 2024, la brouille a commencé autour du Sahara Occidental, s’est intensifiée depuis l’incarcération de l'écrivain Boualem Sansal mi-novembre, avant de prendre un autre tournant avec l’affaire des influenceurs qui a donné lieu à de nouveaux coups de pressions de la France qui n’ont pas été suivi d’effets.
"Le problème des OQTF, c'est que ce n’est pas aussi simple qu’un bras de fer", juge-t-on dans l'entourage du Premier ministre.
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En réponse, la porte-parole du gouvernement, Sophie Primas, a proposé sur RTL de limiter le nombre de visas délivrés aux Algériens, en suggérant aussi de "cibler un certain nombre de personnes importantes dans les relations franco-algériennes et de ne plus donner de visas".
Invité de BFMTV ce mardi 25 février, Jean-Noël Barrot a annoncé avoir pris des "mesures de restriction de circulation et d'accès au territoire national pour certains dignitaires algériens" et dit être "prêt à en prendre davantage".
Taper du poing sur la table avec des mesures de rétorsion, quitte à rentrer dans une confrontation avec l’Algérie pour l’obliger à reprendre sur son territoire ses citoyens en situation irrégulière en France? "Jouer avec les visas ça ne marche pas, ou il faut le faire au niveau européen", répond une source gouvernementale, "on doit surtout les inquiéter avec les tarifs de douane ou l’aide publique au développement."
Au ministère de l’Intérieur, on veut surtout "la normalisation des relations avec l'Algérie" et on met en avant le principe de réciprocité: "ou bien ils appliquent le droit, ou bien ils ne l'appliquent pas et il ne faut pas être plus royaliste que le roi".
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