Dans des ateliers de la Cité interdite, la Chine restaure une partie de ses trésors
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À Pékin, la politique du président chinois Xi Jinping, qui appelle régulièrement à une meilleure protection du patrimoine culturel, a conduit à une meilleure préservation des objets anciens.
Dans un atelier de la Cité interdite à Pékin, une restauratrice d'objets anciens, penchée sur une figurine vieille de plusieurs siècles, manie un coton-tige pour nettoyer avec soin ses recoins poussiéreux, après des années passées en réserve. Seule une petite partie du 1,86 million d'objets conservés dans le musée de l'ancien palais impérial de la capitale chinoise est exposée au public. Ils sont présentés à tour de rôle, en fonction des rotations et des expositions.
Sous l'impulsion du président chinois Xi Jinping, qui appelle régulièrement à une meilleure protection du patrimoine culturel, la préservation des objets anciens s'est intensifiée. Des milliers de ces trésors culturels sont ainsi en cours de restauration, dans l'espoir, une fois leur jeunesse retrouvée, d'être présentés aux visiteurs de l'ex-palais des empereurs des dynasties Ming (1368-1644) et Qing (1644-1911).
La semaine dernière, lors d'une visite organisée par le gouvernement, l'AFP s'est rendue dans cet atelier lumineux situé dans une aile de l'ancienne Cité interdite. Des ouvriers portant des gants en latex s'occupent des précieux objets, les tamponnant et les polissant délicatement pour redonner aux lanternes, pendentifs en jade ou peintures usées par le temps leur splendeur d'antan.
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Une restauratrice utilise un pinceau fin pour retoucher soigneusement une tête de statue écaillée, tandis qu'une autre enduit d'un liquide un rouleau ancien datant de la dynastie Qing.
« Cette restauratrice est en train de restaurer la bordure de l'objet, c'est-à-dire le matériau ornemental de son support », explique Ma Yue, responsable de la section de conservation des calligraphies et peintures du musée. « La restauration de cette pièce est assez représentative de notre travail, car nous devons nous baser sur les éléments d'origine, que ce soit au niveau du support, des matériaux utilisés, de la palette de couleurs ou encore du degré de vieillissement. »
Dans la partie du musée ouverte au public, les réalisations des équipes de conservation sont déjà visibles par les milliers de visiteurs quotidiens qui arpentent l'ancienne Cité interdite. Certains sont vêtus de costumes traditionnels pour se faire prendre en photo, le long des murs rouges de l'immense complexe. L'ouverture d'un nouveau centre culturel à Pékin en octobre permettra d'augmenter considérablement le nombre d'objets anciens restaurés chaque année, selon le musée.
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La Cité interdite a été transformée en musée en 1925 après l'expulsion du dernier empereur alors déchu, Pu Yi, et de sa cour. Le musée célèbre cette année son 100e anniversaire. Sa collection comprend des peintures, des calligraphies, des objets en bronze, en or et en argent, des céramiques et des textiles, couvrant presque toutes les formes d'art chinois, de la préhistoire à l'époque moderne.
Le musée et ses œuvres ont été menacés à plusieurs reprises au XXe siècle, notamment pendant l'invasion japonaise et la guerre civile chinoise. Des centaines de milliers d'objets ont été retirées par le gouvernement chinois de l'époque pour éviter qu'ils ne tombent entre les mains des troupes japonaises, qui avaient envahi plusieurs endroits de Chine.
De nombreuses pièces de cette collection ont ensuite été transportées à Taïwan par les nationalistes après leur défaite face aux forces communistes chinoises et leur fuite du continent en 1949. Le musée a mis en place une équipe de conservation en 1952.
Dans l'ensemble de la Chine, une grande quantité d'objets d'art et de lieux de valeur historique ont été endommagés ou détruits durant la Révolution culturelle (1966-1976) par des jeunes fanatisés, prenant pour cible des symboles du passé impérial.
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